Dans un brillant essai intitulé “Le Travail Invisible”, l’économiste Pierre-Yves Gomez  analyse en 2013 la quantité de travail “non comptabilisé” que les individus ont petit à a petit appris à réaliser à la place des marques.

Ce travail est réputé “invisible”, car il n’est pas comptabilisé dans la production nationale, aucune statistique ne le mesure ni ne l’évalue, il n’est pas comptabilisé dans le calcul du PNB…  pourtant, il existe bien.

Lorsque vous passez 2 heures de votre temps à monter un meuble simple d’un grande marque suédoise, il s’agit bel et bien de travail non ?

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Et si vous ne le faisiez pas, ce travail devrait, pour produire la même richesse – un meuble superbe dans votre logis-, être accompli par un salarié…

Lorsque vous passez un peu de temps sur internet pour remplir des formulaires de déclarations fiscales, là aussi, il s’agit d’un travail qui autrefois était réalisé par un employé administratif, à partir de votre déclaration papier.

Pour aller plus loin… Lorsque vous vous occupez de l’éducation de vos enfants, vous “travaillez “, vous contribuez à créer de la richesse pour la collectivité. Richesse qui n’est absolument pas valorisée… (alors qu’à contrario, le coût de la délinquance ou de l’échec scolaire est clairement identifié… ).

Vous voilà donc travailleur invisible, pour au moins 1 ou 2h par jour !

LE CONSOMMATEUR PRODUIT DE LA RICHESSE

Il en est de même pour les données consommateur : En 10 ans, la capacité de se connecter et de renseigner soi même un certain nombre de données importantes pour la marque, s’est  généralisée chez les consommateurs. De même, les avis positifs qu’il dépose sur les sites marchands, les conseils qu’il donne simplement parce qu’il se sent impliqué, sont autant  de précieux atouts (voir dans les récents articles) que l’annonceur a encore du mal à identifier…saisie-information-par-operateur-de-saisie-630x178
Parce que c’est un travail invisible, non facturé, non budgété.
Est-ce à dire qu’il n’existe pas ?
Certainement non, mais, il n’est pas “vu”.
Pas identifié.
Pas exploité.
Pas remercié.

Pourtant, rappelons-nous… ce travail “invisible” coûtait assez cher aux marques, il y a quelques années, lorsqu’il fallait saisir ces milliers d’adresses, de RIB…

Pourtant, ce travail “invisible”, fait du consommateur  un véritable allié de la marque, volontaire, et bénévole…
Qu’il serait vraiment STUPIDE de ne pas prendre en considération !!!

Lorsque le consommateur vous accorde suffisamment de confiance pour vous confier ce qui est l’or numérique : sa data personnelle, il est de votre responsabilité de marketeur de reconnaitre le travail du conso, de le remercier, et de le valoriser pour l’entrainer dans une dynamique d’actualisation permanente qui vous permettra de court-circuiter intelligemment les intermédiaires et d’avoir un accès à chacune de vos cibles !!

DATA + ADVOCACY = UNE RICHESSE INEXPLORÉE

tribune-marketing-predictif-quand-big-data-anticipe-actions-consommateurs-fIl est parfois compliqué de mesurer avec précision le ROI des dispositifs d’advocacy que nous mettons en place, néanmoins, Ils tissent un lien incontestable avec une population de consommateurs actifs, influenceurs, impliqués, dont la taille ne va que grandissant… Et les études quali qui mesurent ces dispositifs ne sont jamais décevantes.

Le métier de marketing promotionnel, tant du côté annonceur que du côté agence, nous entraine -et c’est sain-, à attendre des ROI immédiatement mesurables.
Il ne faudrait pas que celà nous empêche de  prendre ensemble de la hauteur pour identifier le “travail invisible” de nos consommateurs, pour en évaluer le potentiel, et la dynamique.

Pour ne pas passer à côté de la data, l’or numérique du 21é siècle .

Leçons de promotion :

  • Attention :

    Prendre de la hauteur : nos dispositifs promotionnels nécessitent souvent la collecte de data potentiellement à haute valeur. Ne passons JAMAIS  à côté d’une richesse potentielle dont la valeur n’est “invisible”  que parce qu’elle nous semble facilement acquise.

  • Merci :

    Penser à remercier le client de son implication de la confiance qu’il nous fait en enregistrant ses données, c’est le minimum de politesse que l’on est en droit d’attendre d’une marque. Après tout, ce n’est qu’un constat, et nous pouvons lui dire que nous, nous avons “vu”, ce travail invisible, et que nous ne le considérons pas comme un dû!

  • Bravo :

    Féliciter et dynamiser  le client chaque fois qu’il complète, enrichit son profil chaque fois qu’il donne son appréciation, son “advocacy” sur le produit. et faisons-le par des mots, pas seulement par des BR ou des rémunérations : il est bien possible que des mots bien choisis, même s’ils sont administrés par un chatbot, soient un puissant vecteur d’affinité qui fera de vos clients… d’inconditionnels ambassadeurs de votre marque.

  • Mixons les cultures

    Le “digital” n’est pas un département un peu compliqué du marketing, dans lequel l’a promo n’a rien à faire… La promotion  est potentiellement le lieu de premier contact digital de vos consommateurs.